Joseph Converset , Poilu de la guerre de 14-18

Vendredi 30 décembre 2005

Joseph meurt à l’âge de 41 ans, en 1927, son fils Roger, meurt à l’âge de 22 ans en 1945. Leurs filles et leurs soeurs, Andréa, Elise, Yvonne et Claire m’ont transmis par bribes l’histoire de ces deux hommes absents ; elles n’ont cessé de tisser pour moi la toile des souvenirs.

Aujourd’hui, à travers ce qu’elles m’ont transmis, avec l’aide de quelques documents et de la toile Internet, à mon tour je tente de transmettre aux petits-enfants, arrières petits-enfants et neveux de ceux-là la toile de la mémoire.

 

Par corinne Jeanson
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Vendredi 30 décembre 2005

Alphonse Emile Joseph Converset est né à Bellevaux, le 13 juin 1886, canton de Thonon, Haute-Savoie, fils de André et de MAITRE Marie Eugénie. En 1907-1909, il fait ses classes au régiment d’infanterie colonial. Lorsque la guerre débute il a 28 ans. A son retour de la guerre de 14-18, il épouse Joséphine TORNIER, native elle aussi de Bellevaux. Ils auront six enfants : Andréa, Claire, Elise, Roger, Yvonne et Raymonde. Lorsqu’il meurt le 11 avril 1927, sa dernière fille n’est pas encore née.

Le 1er août 1914, au jour de la mobilisation générale, Joseph Converset intègre les troupes coloniales.

Affecté au 36e Colonial, 1er corps d’armée, il participe à la campagne d’Allemagne d’août 1914 à octobre 1916 Passé au 38e colonial, il embarque pour Salonique et participe à la Campagne d’Orient.

 

En mai 1917 il est blessé à la main droite et perd l’index et le majeur. Il est alors affecté à Bonneville comme soldat ouvrier et est réformé le 26 septembre 1919. Au cours de ces années de guerre, il reçoit cinq citations à l’ordre, il est nommé Soldat d’élite et il reçoit la médaille militaire. Son livret militaire nous guidera pour tenter de le suivre sur les chemins des poilus. Il est affecté comme soldat 2e classe du peloton de sapeurs-pionniers (1) et termine la guerre au grade de soldat 1er classe.

(1) Les Sapeurs sont des soldats du génie, chargés d'effectuer un travail de sape entre la tranchée amie et la tranchée ennemie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par corinne Jeanson
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Vendredi 30 décembre 2005

Campagne d’Allemagne 36e Colonial   

7 août 1914-16 octobre 1916


Les grands secteurs des coloniaux sur le front de France ont été la Champagne et la Somme. Aucune division coloniale n'a été engagée entièrement à Verdun.

 1914

Les Victoires de Lorraine

Dès 1914, le 36e colonial combat âprement en Lorraine. En particulier la bataille de Gerbéviller en août. 

Le 36e colonial, embarqué le 21 août à Montmélian, débarque en Lorraine dans la nuit du 21 au 22. Le 25 août, il reçoit le baptême du feu et subit sa première et dure épreuve. Il attaque à nouveau le 28 au sud de Gerbéviller. Le 30, 6 compagnies du 36ème colonial, profitant du brouillard, attaquent en direction de FrainDois les positions allemandes. Les pertes sont énormes, environ 1 200 hommes dont plus de 400 tués. Tous les officiers sont portés disparus. Quelques hommes ramènent miraculeusement le drapeau. Un monument commémoratif élevé sur le champ de bataille de Gerbéviller à la gloire du 36e colonial.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par corinne Jeanson
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Vendredi 30 décembre 2005
 

1915

Au cours de l’année 1915 Joseph Converset reçoit deux citations à l’ordre.

 Le 26 Août 1915

Notre artillerie fait rage entre les forêts de Laigue et d'Ourscamps dans la vallée de l'Aisne. La grosse pièce d'artillerie lance à nouveau sur Compiègne 7 obus qui provoquent quelques dégâts matériels et la mort d'une ambulancière

 

Citation à l’ordre

  •  26 août 1915

 

Dépôt des 6e et 56e Coloniaux 36e colonial 13e Cie

Converset Joseph, soldat 13e Cie, très bon soldat. A fait preuve d'une grande bravoure au feu en montant sur le parapet de la tranchée pour lancer des grenades sur l'ennemi sous un feu très violent. 

Le 6 octobre 1915

Le Corps d’Armée Colonial et la 32ème Division d’Infanterie devaient se porter dans la direction générale de VOUZIERS, mais l’objectif plus immédiat était l’enlèvement de la Main de Massiges. La décision fut prise de relancer l’offensive, le 6 octobre, à 05h20…  …Après une préparation d’artillerie courte mais violente, les bataillons se lancent à l’attaque, il est à peu près impossible de distinguer les troupes d’assaut noyées dans le brouillard et la demi obscurité. Les deux vagues ont été arrêtées par des pertes très graves causées par les mitrailleuses qui tirent de face. (Journal de marche du 80ème RI)

 

Le but assigné aux attaques n’avait pas été atteint, sur l’ensemble du 1er Corps d’Armée Colonial, les trois-quarts des officiers étaient tués ou blessés. Les régiments engagés avaient littéralement fondus, et c’était ainsi sur tout le secteur d’attaque, de Aubérive à Ville sur Tourbe, 138 576 hommes seront tués, blessés ou disparus, dont 14 000 à 15 000 sur la Main de Massiges en 12 jours.  

Citation à l’ordre

  • 6 octobre 1915

36e Régiment d'Infanterie Coloniale - 1er corps d'armée -16e division Coloniale, 31e brigade

Converset Joseph, Sapeur pionnier, a rapporté dans nos lignes, deux de ses camarades tombés grièvement blessés devant la tranchée ennemie. Très brave soldat.

Par corinne Jeanson
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Vendredi 30 décembre 2005

 

 1916

LA BATAILLE SUR LA SOMME
La campagne de la Somme fut l’une des principales confrontations de la Première Guerre mondiale. Elle prit fin en novembre 1916. Ralenties par la boue, les forces alliées n'avaient gagné que dix kilomètres de terrain sur les défenseurs allemands.

Les forces du britanniques et françaises tentèrent de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la rivière Somme au nord de la France dans un triangle entre les villes d'Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume. Pour la première fois un film de propagande La bataille de la Somme a saisi une grande partie des horreurs de la guerre moderne en incluant des images issues des premiers jours de la bataille. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, détient le triste record de la journée la plus sanglante pour l'armée britannique, avec 57 470 victimes dont 19 240 morts. En dix jours, la 6e Armée française, sur un front de près de vingt kilomètres, avait progressé sur une profondeur qui atteignait en certains points, dix kilomètres. Elle était entièrement maîtresse du plateau de Flaucourt qui lui avait été assigné comme objectif et qui constituait la principale défense de Péronne. Elle avait presque sans pertes, fait 12 000 prisonniers, pris 85 canons, 26 minenwerfer, 100 mitrailleuses, un matériel considérable. C'était le plus beau succès obtenu depuis la bataille de la Marne.

Le 1er juillet 1916

Ce jour-là Joseph Converset reçoit deux citations à l’ordre. Les vieux coloniaux du  36e Colonial montrent encore toute leur abnégation et leur ardeur.

Le 1er juillet, 100 000 soldats émergèrent des tranchées en plein jour et montèrent à l'assaut, en ligne et coude à coude, à travers le No Man's Land déchiqueté de cratères. Alourdis par 30 kilos d'équipement, ils avancèrent lentement vers les canons allemands.

Au Sud de la rivière, des abords de Frise jusqu'en face du village d'Estrées, c'est à 9 h30 du matin, seulement que fut lancée l'attaque du 1er juillet. Comme dans le secteur Nord, elle atteignit en quelques heures tous les objectifs fixés. Comme au Nord, l'entrain des troupes avait été remarquable, le travail de l'artillerie si complet qu'il n'était pas un mètre de terre de la première position allemande qui n'ait été battu et retourné par les explosifs. Les villages étaient décombres; le sol et les tranchées, un chaos. Les troupes coloniales s'étaient jetées en avant avec leur ardeur coutumière, et, cependant cette ardeur avait été réfléchie et méthodique, partout contenue par la prévoyance des chefs. …Le soir du 1er juillet, la première position allemande, depuis les abords de Frise jusqu'aux lisières d'Estrées, était enlevée. Les villages de Dompierre, Becquincourt et Fay étaient occupés par les Français…

CITATIONS A L'ORDRE

  • 1er juillet 1916

36e Régiment d'Infanterie Coloniale, 1er corps d'armée, 16e division Coloniale, 31e brigade

Converset Joseph, soldat de la 22e Cie, le 1er juillet 1916, s’est élancé vaillamment. A été volontaire pour faire une patrouille dans un bois occupé par l‘ennemi.

Lieutenant Colonel GARNIER

  • 1er juillet 1916

36e Régiment d'Infanterie Coloniale - 1er corps d'armée -16e division Coloniale, 31e brigade

Converset Joseph, soldat du peloton des pionniers, le 1er juillet 1916, détaché à la 17e Cie, s’est porté courageusement à l’attaque des tranchées ennemie, donnant à tous ses camarades le plus bel exemple de dévouement et d‘entrain.

 

Par corinne Jeanson
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