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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 22:16
 Boléro

Jadis, tu m'as profondément tué
Qu'en est-il aujourd'hui de ces cicatrices
Jadis, je me suis abandonné à te guider
Qu'en est-il aujourd'hui de ces empreintes

Jadis, je t'ai profondément aimée
Qu'en est-il aujourd'hui de nos étreintes
Jadis, tu m'as abandonné à tes caprices
Qu'en est-il aujourd'hui de tes errances ?

Les fades saveurs d'aujourd'hui 
dévorent l'absolu de jadis.

 

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 17:02

La vague de sa robe noire dans la nuit immobile danse sur ses mollets. Je l'invite à me suivre dans le bar. Elle acquiesce, avec cette indifférence absolue que je prenais pour de l'insolence et qui est sa parure, sa force unique. Derrière le masque, pas de masque. Elle choisit d'être là et n'exprime rien parce qu'elle n'a pas à dire pourquoi, ni comment elle est avec moi. Si choisir signifie encore quelque chose, aujourd'hui, elle a choisi d'entrer dans ce bar avec moi.

 

Dans le bar, d'autres clients sont assis, spontanés et insolents comme tous les gens qui fréquentent ce côté-ci de la rive. Elle les connaît, elle leur ressemble. Et pourtant elle est d'ailleurs. Nous ne parlons pas. Nous regardons autour de nous. Curieux des autres plus que de nous. Soudain, elle se met à parler très bas et longuement. Elle me raconte notre histoire. Avec les mots que j'attendais. Sans complaisance, elle en décrit tous les temps, lentement. Bien avant moi, elle en avait déroulé le sens caché.

Un homme entre qui la connaît. Il s'approche de notre table et s'assoit sans se présenter. Elle me sourit étrangement, un sourire qui signifie que tout est dit, que s'il n'y a pas d'espoir, il n'y pas non plus à en souffrir. Elle fait signe à l'homme et ils repartent ensemble. Je ne sais pas où l'homme l'entraîne, s'il est son amant, s'il lui a donné rendez-vous là. Elle part avec lui, avec le vague de sa robe qui bat ses mollets.

Interprète : Nicole Amann - Compositeur : Hervé Jeanson -
de
Corinne Jeanson - avec le concours du site Bonnes nouvelles
http://www.bonnesnouvelles.net/
©  2007

 

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 20:32

J'ai le cœur qui tombe
Écoute il s'est arrêté de battre
Une main a pénétré
Dans la cage
Elle le tient serré
Angine de poitrine
Ange du désespoir 



Ça a commencé
Ce jour
Je te l'ai dit
Quand je courrais dans la rue
Pour attraper la robe des passantes
Ce n'était pas sa robe que j'effleurais
Des étrangères mais pas elle
Mon cœur a cessé de battre
Depuis il fait semblant
 

Je ne savais pas
À quoi sert un cœur
Je ne savais pas
Elle n'avait pas eu le temps
De me souffler la force
De l'amour
 

Au bord d'une nuit illuminée
Tu m'as souri
J'ai arraché ton cœur
Je l'ai accroché entre mes deux poumons
Aujourd'hui je respire par toi 
Je suis plus cruelle qu'un vampire
Bien plus cruelle

Comment te rendrais-je jamais
Ton cœur


Je m'endors dans les cercles
De l'oubli
Ma tombe bat béante 
Sans cœur
La mort ne me connaît pas 

De nouveau mes ombres ont étendu
Leurs mains au-dessus de ma tête
Tu es là
Mon ange-gardien

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 23:25

 

Ce matin, tu marchais dans les rues de Paris au bras de la Collectionneuse. Vous avez croisé la femme de l’aviateur qui allait avec Pauline à la plage. Elles parlaient du beau mariage de la Marquise d’O.

Assis sur le canapé rouge, tu as caressé le genou de Claire et avec elle tu as aimé goûter à l’amour l’après-midi.

Dans les nuits de la pleine lune, tu m’as chuchoté : « Ma nuit chez Maud… » et tu as gardé le silence, comme Perceval le Gallois quand il a vu le rayon vert du Graal.

Est-ce un conte, un conte d’été qui s’est transformé en conte d’automne, ou bien un conte de printemps qui s’est transformé en conte d’hiver ?

 

 

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 18:16

Les quatre soeurs : Andréa, Yvonne, Elise et Claire Converset
dans les années soixante au parc d'Annecy

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 19:29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En mai 1941 quitter la France est difficile. L'armée d'armistice est aux ordres de Pétain mais on peut encore penser que c'est l'embryon d'une future
armée de la revanche contre les Allemands. Roger Converset s'engage donc effectivement dans l'armée de Pétain et il est transféré ensuite en Algérie,
qui est également aux ordres de Pétain.

Le BM4, lui est dans l'autre camp avec la France Libre. Peu après l'engagement de votre oncle, ces deux armées vont d'ailleurs se faire la
guerre en Syrie.

Puis en novembre 1942, c'est le débarquement des Américains auquel l'armée de Vichy résiste pendant trois jours. Mais ensuite l'armée française d'Afrique du Nord passe aux ordres de militaires qui continuent à croire en Pétain tout en ayant enfin rallié le camps des alliés.

Les deux armées Françaises, vont à ce moment là combattre les Allemands en Tunisie, l'une venant d'Algérie et l'autre de Libye avec les Britanniques. Après la défaite des Allemands en Tunisie, de nombreux soldats de cette ancienne armée de Vichy vont déserter pour rejoindre l'armée de la France
Libre.

Votre oncle s'engage donc une deuxième fois en juin 1943, mais cette fois dans les FFL, Forces Françaises Libres (et pas FFI pour Forces Françaises de l'Intérieur créées en 1944).

Fin juillet 1943 les deux armées sont enfin réunifiées, la France Libre n'existe plus en théorie.

Votre oncle a donc suivi le parcours de la 1re DFL (Division Française Libre officiellement rebaptisée 1re DMI), en Italie, en France en débarquant en Provence, et pour finir dans le Massif de l'Authion ou la DFL eut plus de tués que le reste de l'Armée Française pendant sa campagne d'Allemagne.

Amicalement
Jacques Ghémard

Retrouvez la suite sur le site Francais libres :

http://www.francaislibres.net/liste/liste.php

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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 21:25

 

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 21:03

 

Lisa, Lisa. Elle s'appelait Lisa. Blonde, de la tête aux pieds. Avec des duvets inavoués au creux des genoux et des manières de rire qui n'étaient que blondeur. Lisa-Lisa.

La sirène du bateau agitait le départ. Les passagers se pressaient contre la balustrade blanche, luisante des mains engourdies, potelées, grandes, rouges. Et Lisa, Lisa, Lisa dans ma tête. J'avais rejoint la foule que je dépassais d'une tête. Lisa-Lisa. J'avais peint Lisa, toutes ces nuits à Berlin. Lisa en manteau noir, Lisa dansant sous les feux blancs, Lisa dans le bain, Lisa après l'amour. Lisa, là, proche, à demi pliée sur moi, Lisa loin, loin, si loin.

L'air était frais, le vent déjà brisait l'écume et le bateau s'éloignait, lentement, pesamment et si docilement, sans frôlement, sans trace de violence, là sur les flots bleu noir. Avec l'écume tout autour, l'écume aux bords des lèvres de Lisa, que j'avais tant peintes, tant murmurées. Mon dernier crayon je l'avais jeté à Paris, au fond de la Seine verte. Jamais plus, je le jurai, je ne regarderais la vie pour la peindre.

Le bateau pour l'Amérique engloutissait Lisa. Un océan atlantique me séparait de Lisa. Lisa que je pianotais sur la balustrade blanche. Lisa qui m'abandonnait pour chanter et danser dans les nuits de Berlin.

 

 

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20 janvier 2007 6 20 /01 /janvier /2007 18:53

Cœur de l'Afrique noire. Bière bouteille de pays. Chaleur et vent rafraîchissant. Solitude avec paysages nouveaux en décor. Je suis au cœur de l'Afrique. Dans une ville basse avec toute sa vie, ses musiques, ses bruits, ses vendeurs des rues, derrière leurs tables de bois aux pieds cassés mais tenant bons car la verticale n'est pas une loi de la nature.Les sorcières ont mangé mon âme. Dans la maison aux génies, je cherche mamy wata. Je sais que je ne la trouverai pas ou bien elle se nomme habitude. Je m'habitue.
Ici les ciels sont immenses. Les lézards aussi. Les nuages sont cousins des nôtres, en plus grands. A l'aéroport, accueil par des slogans marxistes-léninistes convaincus. La Révolution est dans le changement qualitatif des statistiques. Sans doute une illusion. Mais nous avons besoin d'espoir pour survivre. Les charognards guettent au dessus de la fosse commune où est enterré Sankara. La France ne serait pour rien dans cette révolution de palais. Mais on dit beaucoup de choses.A Ouagadougou, il y a 2 500 coopérants, voilà le prix de l'indépendance. Devant les maisons des coopérants, le génie a été remplacé par le gardien, un jeune Africain allongé ou assis sur un banc de pierre. Et dans la cour, voici le boy, un autre jeune Africain qui balaie la poussière du temps.Ouagadougou : la ville où l'on vient.Burkina Faso : le pays des hommes dignes.No comments, comme dirait le vieux Serge.Lu dans Kundera : quand on grandit ensemble, les choses prennent le même sens. Je ne sais pas retraduire. En gros, quand tu jettes du pain aux poissons du parc de la Tête d'Or, j'ai la même impression que toi, nous avons les mêmes souvenirs. Demande à n'importe qui de jeter du pain aux poissons, il n'y aura que des ronds dans l'eau.On devrait vivre la vie à l'envers. Les Africaines rient fort dans les cafés, on est loin des rives du Nord de l'Afrique.Un homme porte sur sa tête une machine à coudre. Marque : Eléphant (les lettres sont effacées). Pour rythmer ses pas, il joue avec une paire de ciseaux. Les ânes ont les pieds de devant attachés.Les cochons noirs et les jarres renversées, les maisons de terre enfumées. La meunière en sueur écrase le mil sur la large meule en pierre. On entend les crissements du broyage. La farine de mil blanc tombe sur le sol de terre battue. La terre rouge africaine.La cabaretière plonge les calebasses dans ses canaris emplis de bière.Les Africains sont emplis d'amour jamais perdu qui leur donne une force tranquille. Cette force tient tout leur corps. Ils sont comme les arbres plantés dans la savane qui étendent leurs branches lourdes, au-dessus des troncs pleins, jamais écrasants.L'orage et le bruit du tonnerre emplissent l'espace et le rendent moins menaçant. Sa présence –qu'elle soit divine ou appartenant à la nature- suffit à estomper tous mes désarrois. Si je pleure sous la pluie battante, c'est parce que, comme le ciel, je me libère enfin de la pesanteur des jours sans noms.L'amour passé reste l'amour bien qu'on n'ose plus tout à fait le nommer ainsi à force d'usure. Le souvenir est une île dans le cœur solitaire. Il parcourt l'océan insatiable des jours gris pour l'émietter tout à fait. Il respire par la bouche de la sirène endormie.Quand le cœur doucement écoute les silences d'hier, tout autour les colons aux jambes rudes s'assoient et fument, jusques aux cieux africains, leur félicité commune. L'heure du thé, moment privilégié, s'accompagne de la silhouette respectueuse du boy, habitué ici aux manières de l'aristocratie servante.Dehors, les enfants jouent dans les détritus et les femmes aux seins flasques se baignent dans le marigot boueux. Tout cela se déroule dans le même temps tandis que toi au loin tu souris à la jeune danseuse en sueur ou bien dans le rêve enfiévré de la maladie, tu songes à notre rencontre et à sa fin. Cette rencontre qui ne pouvait avoir lieu comme celle d'Iseut et de Tristan.Etre une femme libérée au fond du Burkina Fao en buvant un coca glacé accoudée à un comptoir d'un café burkinabé.
« Est-il possible, pour un être humain, d'éprouver un plaisir qui ne soit en rien partagé ? » Yasunari Kawabata, Le lac.

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 21:37

« Au secours, les tués ! Assistez-moi, que je ne sois pas obligé de vivre parmi des hommes qui, par ambition démesurée, ont ordonné que des coeurs cessent de battre, que des mères aient des cheveux blancs ! Revenez ! Demandez-leur ce qu'ils ont fait de vous ! Ce qu'ils ont fait quand vous souffriez par leur faute avant de mourir par leur faute ! Cadavres en armes, formez les rangs et hantez leur sommeil. …Ce n'est pas votre mort - c'est votre vie que je veux venger sur ceux qui vous l'ont infligée ! »

 

 

Karl Kraus – Les derniers jours de l’humanité

 

 

 

 

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